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Face à la contagiosité de covid-19, quelles mesures de prévention ?

27 février

Le nouveau coronavirus, SARS-CoV-2 responsable de la maladie dite covid-19 nous dévoile peu à peu ses secrets.
Ce que nous disent les scientifiques et épidémiologistes aujourd’hui est que la contagiosité élevée de ce virus se confirme à chaque nouveau foyer déclaré.
Il avance dans le silence comme tous les virus et provoque des foyers épidémiques rapides. On parle de flambée.
Il franchit une étape fondamentale lorsque sa transmission devient communautaire c’est à dire lorsque l’on ne peut plus remonter sa chaîne de contacts.
En cas de foyer déclaré, on peut choisir de ne pas confiner mais c’est un énorme pari !
Grâce au confinement l’Italie a réduit le nombre de cas infectés à 300 quand les autorités de santé italiennes, confrontées à une poussée très forte dans le nord du pays à Codogno, ont décidé d’isoler la population d’une petite ville près de Lodi, à 60 km de Milan (en Lombardie) ; la flambée était survenue après le décès d’un patient qui avait contaminé sa femme enceinte de huit mois, un ami avec lequel il faisait du sport et trois habitués d’un bar local, puis des médecins, aides-soignants, et des patients de l’hôpital de Codogno qui ont à leur tour infecté leur entourage.
Des mesures drastiques ont alors été prises pour limiter la propagation, coupant les transports entre la petite ville de Lodi et Milan par exemple.
Le chef du gouvernement lui même, Giuseppe Conte annonçait des « mesures extraordinaires », en plus du semi-confinement de plus de 50 000 personnes déjà décidé, et publiait un décret-loi spécial pour l’interdiction d’entrer et de sortir des zones considérées comme des foyers de l’épidémie et limitait ainsi à 300 personnes le nombre de personnes infectées dans cette zone , du moins jusqu’à ce jour.
En revanche, en Corée du Sud où s’est présentée la même situation, le choix a été fait de ne pas prendre de mesures de confinement immédiatement et le nombre de cas de personnes infectées est monté rapidement à 800 cas dans la seule zone de Daegu.
A Creil, où ont été identifiés deux cas graves dont un mortel, et dont il n’a pas été possible de remonter la chaîne de contacts, ce qui laisse penser à une transmission communautaire, l’hôpital a décidé de se préparer à un afflux possible de patients , en déclenchant le plan blanc, et les autorités ont décidé de ne pas faire d’isolement provisoire.
Est-ce un choix gagnant ? l’avenir seul le dira.
La capacité du virus à passer inaperçue lorsqu’une personne infectée et contagieuse
ne présente aucun des symptômes (toux, fièvre), rend le suivi des chaînes de transmission plus difficile et facilite évidemment la transmission silencieuse qui se révèle par une explosion tardive de foyers dans le délai d’incubation qui pourrait aller de 2 à 14 jours, mais certains cas laissent penser que ce pourrait être 15 ou 16 jours parfois.
Quelques chiffres sur la mortalité fondés sur les données actuelles :
80 % des personnes infectées se rétablissent dans les 2 semaines qui suivent l’apparition des symptômes, comme pour une grippe classique.
Au 10e jour, quelques personnes décompensent et se retrouvent en réanimation.
Le taux actuel de mortalité établi sur le nombre de mort par rapport au nombre de personnes infectées connues est de 1 à 2%. Il serait moins élevé en zone périphérique rurale qu’en zone urbaine.
Selon l’OMS , près de 2 600 personnes ont succombé en Chine sur 77 000 cas de contamination soit un taux élevé de décès de 3,37 %. Mais ce chiffre doit être pris avec précaution selon les scientifiques puisque tous les malades ne sont pas identifiés.
Le taux de mortalité sera revu à la baisse lorsque l’on connaîtra mieux le nombre de cas confirmés de patients infectés et que le dénominateur grandira.
Une étude chinoise évoquait plutôt un taux de 2,3 %.
De toute façon c’est plus que la grippe saisonnière (0,1 %) et moins que l’épidémie de SRAS (9,6 %) qui avait touché que 8 000 personnes lorsque elle s’était propagée en 2003.
Parmi les individus touchés, les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires ou de diabète sont les plus menacés.
Le taux de létalité augmente aussi avec l’âge et les plus de 80 ans sont les plus à risque, avec une mortalité de 14,8 %. Cependant attention, alors que dans la grippe « classique », 90 % des personnes décédées ont plus de 75 ans, le taux de mortalité apparaît de 4 fois inférieur au taux actuel de mortalité de COVID-19, et il faut bien noter qu’aujourd’hui 50 % des personnes décédées de cette infection ont moins de 75 ans.

La transmission ? La prévention ?
On avance surtout une transmission à partir des voies respiratoires. Cependant une transmission orale-fécale possible semble possible.
Le virus peut en théorie circuler par d’autres chemins que les voies respiratoires, selon l’équipe du Dr Peng Zhou, de l’Institut de virologie de Wuhan, à l’épicentre de l’épidémie en Chine.
Dans un article publié par Emerging Microbes & Infections, les chercheurs rapportent que le SARS-CoV-2 se retrouve aussi dans les selles de certains patients observés et pourraient donc emprunter la voie de transmission fécale-orale. Dans certains cas plus rares, le virus a même été détecté dans le sang ou les selles, sans pour autant l’être sur les échantillons issus des voies respiratoires (bouche et nez).
Selon les chercheurs du Centre de modélisation des maladies infectieuses de l’Imperial College London, travaillant en collaboration avec l’OMS , le professeur Neil Ferguson, coauteur d’une étude sur le sujet “Il est très probable que certains de ces cas non détectés vont démarrer des chaînes de transmission dans les pays où ils sont entrés . Il s’agit toutefois de projections épidémiologiques à interpréter avec prudence.
Le directeur de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus parle de pandémie probable depuis cette semaine : « Nous devons nous concentrer sur l’endiguement de l’épidémie, tout en faisant tout notre possible pour nous préparer à une éventuelle pandémie. »

La prévention :
La France va observer ce qui va se passer dans les 15 jours suivant ces deux cas dans la région de Créteil.
En attendant d’en savoir plus, vous pouvez toujours éviter les déplacements en transports en commun s’ils ne sont pas fondamentalement indispensables, notamment en zone parisienne,
et toujours se laver les mains +++
Rappeler tous les matins à ses enfants qu’ils doivent se laver les mains après tout déplacement en transports en commun, en rentrant à la maison et, autant qu’ils le peuvent, à l’école, surtout avant le repas, ce qui n’est pas si facile, peu d’écoles sont équipées correctement.
Utiliser les solutions hydroalcooliques. et pour plus de détails sur les précautions d’hygiène à prendre , merci de voir nos bulletins précédents.
Eviter poignées de mains et embrassades dans les semaines à venir.
Vous êtes nombreux à nous dire qu’il n’y a plus de masques en pharmacie.
Si vous pensez en avoir besoin, vous pouvez en trouver chez les fournisseurs de matériels de bricolage ou d’entreprises du bâtiments, ils marchent aussi ; vous y trouverez des boites de gants jetables ; ils pourront toujours vous servir plus tard, si, par chance, l’ épidémie épargnait les français.

Claude Rambaud

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