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Mourir dans un bout de couloir sur un chariot d’urgence, seul, sans le droit de serrer la main d’un proche au moment du dernier souffle, ce qui ne coûte rien à l’ hôpital, est ce une incivilité ?

3 octobre

Constat de dégradation de l’offre de santé tous secteurs confondus

Les constats qui reviennent le plus souvent à travers les expériences partagées par les usagers font état de fermetures de lits ou de services, de déprogrammations chirurgicales, de reports de rendez-vous et d’une détérioration des relations soignants/soignés (manque d’écoute et de disponibilité de la part du personnel), qui mettent en péril la qualité, la continuité et la sécurité des soins.

La situation est particulièrement critique dans les services d’urgences avec la réduction ou la fermeture de services et dans les services de soins programmés.

Des conséquences palpables sur la qualité et la sécurité des soins, les droits fondamentaux et la santé mentale des usagers
Ces fermetures et ces fonctionnements dégradés ont impacté gravement les prises en charge. Lire la suite
https://www.france-assos-sante.org/…

Cette dégradation n’est pas nouvelle !

Le premier signe de cette dégradation fut l’acceptation par les directions d’établissements et le corps médical de l’abandon pendant des heures, voire plus de 24 heures, dans les couloirs d’urgences, de patients en souffrance. Cette pratique remonte à quelques décennies ; déjà fin des années 90, il était considéré comme normal d’attendre des heures l’examen par un médecin sur un chariot inconfortable dans un coin de couloir ; cela ne dérangeait ni les personnels d’établissement ni les tutelles.
Depuis, chaque année on apprend qu’un « consommateur de soins » en souffrance et dans l’angoisse a été oublié dans un box d’urgence et même, a pu y a être retrouvé dans le coma, 48 heures après !

Depuis les incivilités quotidiennes des personnels qui entrent dans une chambre sans frapper en établissements, depuis l’autoritarisme des privations de visites qui perdurent en EHPAD, pour cause de COVID et de simplification des tâches des personnels, alors que les personnes sont là pour finir leur vie, jusqu’à l’abandon dans un couloir d’urgence, où l’on peut rendre son dernier souffle , isolé et sans une main amie à serrer, ces insupportables inhumanités existent en plein cœur d’une structure hospitalière, ou plutôt inhospitalière.

Pendant que les uns souffrent d’abandon et meurent faute de soins en unité d’urgences, quelques VIP de la santé se font offrir un séjour au pied du célèbre Mont - Blanc pour dénoncer le 30 septembre les incivilités des nommés « consommateurs de soins » parlant en très grande majorité de personne qui souffrent !
Ce patient consommateur ne peut que se taire, et parfois, à bout de souffrances et d’angoisse, im-patient, il peut péter les plombs, mais personne ne se pose la question du pourquoi on en arrive là !
Et lorsqu’une personne décède faute de soins, sur un chariot d’urgence, seul dans un coin, peut-on alors parler d’incivilité de professionnel à son égard ?
et lorsqu’un directeur d’hôpital ou un chef d’unité d’urgences laisse perdurer ces situations, est ce une incivilité ?
On voit aujourd’hui pléthore de personnels de direction sur les organigrammes hospitaliers, directeur ceci directeur cela, sous directeurs etc… trouvent ils cette situation normale ? la vocation d’un hôpital a t elle changé ?

AU nom de celles et ceux, bien souvent les plus âgés, qui attendent des heures sur un chariot d’urgences, nous revendiquons un minimum d’empathie, le droit d’avoir une main, juste une main aimante d’accompagnant à serrer jusqu’à l’examen par un médecin ou la prise en charge clinique, est-ce trop demander à nos hôpitaux ?

Strasbourg 2022
22 heures sur un brancard et la mort au bout du couloir.

https://france3-regions.francetvinf…

Paris 2019
Découverte morte sur un brancard dans les couloirs des urgences de Lariboisière (AP-HP), près de douze heures après son arrivée dans le service

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/art…

Claude Rambaud

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