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L’écart entre deux injections de vaccination anticovid fixé entre 21 et 28 jours , un choix politique

27 janvier

Le ministre Olivier Veran a annoncé que l’espacement les deux doses de vaccin ne serait pas porté à six semaines, au motif qu’il faisait le choix de « la sécurité » face à une « part d’inconnu ».

Pourquoi l’écart entre les deux doses de la vaccination anticovid-19 fait-il débat ?

L’Etat a tranché en faveur du maintien d’un délai de 21 à 28 jours, alors que l’ANSM puis la HAS disaient possible de différer « jusqu’à six semaines au lieu de trois » l’injection de la deuxième dose du vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19, « sans perte d’efficacité ».

Dès le 11 janvier, l’académie de médecine avait cru bon de se prononcer contre l’allongement de ce délai estimant préférable « de se conformer autant que possible au schéma vaccinal prescrit par chaque fabricant à savoir 21 jours pour Pfizer/BioNTech, 28 jours pour Moderna et « de ne différer l’injection de la seconde dose que si les circonstances l’exigent (manque de doses disponibles) et sans excéder un dépassement de 3 semaines ».

Cependant prenant en considération la nécessité de vacciner rapidement du plus grand nombre de personnes, la Haute Autorité de santé, a été saisie et a rendu le 23 janvier un avis scientifique ; ainsi elle a estimé scientifiquement raisonnable, de préconiser le report de la 2e dose à 6 semaines, pour les deux vaccins à ARNm, ce qui permettrait , comme dans certains pays, d’accélérer l’administration de la première dose aux personnes les plus vulnérables, et ce, dans l’ordre de priorité préalablement établi .

Considérant notamment le nouveau contexte épidémique actuel caractérisé par la circulation très active du virus sur le territoire national et le risque important de diffusion très rapide, dans les prochaines semaines, de nouveaux variants plus contagieux déjà détectés sur le territoire national ;

et dans le souci d’optimiser la distribution de ces doses et de garantir l’équité d’accès aux vaccins à très court terme des personnes âgées (75 ans et plus puis 65 à 74 ans en commençant par ceux qui présentent des comorbidités) qui sont les plus vulnérables,

cependant l’administration d’une seconde dose pour les deux vaccins à ARNm actuellement disponibles restant indispensable pour une protection au long cours ;

et l’efficacité vaccinale constatée dans les essais cliniques apparaissant suffisamment élevée entre les deux doses pour envisager un espacement de l’intervalle entre ces deux doses, malgré les incertitudes non encore levées, au regard des bénéfices attendus dans les prochaines semaines en termes de couverture vaccinale des populations les plus vulnérables et des enjeux d’équité de traitement, dans le nouveau contexte épidémique.

En regard de ces divers éléments, l’avis de la HAS préconise le report de la 2e dose à 6 semaines, pour les deux vaccins à ARNm, afin d’accélérer l’administration de la première dose aux personnes les plus vulnérables, dans l’ordre de priorité préalablement établi par la HAS.
lire son avis :
https://www.has-sante.fr/jcms/p_323….

Ce n’est pas ce point de vue scientifique qui a été suivi, d’autres considérations ont emporté la décision du ministre, comme il l’expliqué lui-même. l’Etat a considéré que reporter la seconde dose à 42 jours ne pourrait se faire qu’en ayant la certitude d’avoir la quantité de vaccins disponibles à cette échéance, or la tension sur le marché, les risques du fait des incidents de production, les labos annoncent des retards, la dépendance envers les livraisons des firmes et de l’Europe etc… font que rien n’est certain.
L’Europe ne délivre à chacun de ses Etats que ce qui est prévu et , de plus en plus souvent, moins que prévu, l’incertitude devient la règle.

Vacciner plus de personnes et le plus vite possible, oui, mais comment être sûr d’assurer la deuxième dose en quantité suffisante si celle ci déjà sanctuarisée à cet effet, est utilisée en première dose.

Peut-on prendre le risque de ne pas avoir de 2e dose en quantité suffisante au moment venu ?

La responsabilité est politique, la prise de risque aussi, la décision est difficile.

https://www.lejdd.fr/International/…

Nombre d’Etats européens accusent l’UE. Les pays qui avaient pris de l’avance, comme l’Allemagne et surtout l’Italie, se retrouvent déjà en manque de stocks et accusent les lenteurs de la machine bruxellois.
La Grande-Bretagne n’a pas besoin du feu vert de l’Agence européenne de médicaments ce qui lui a permis de passer ses propres commandes auprès des laboratoires, elle a déjà vacciné quatre millions et demi de Britanniques. Bien davantage que n’importe quel autre pays européen.

Quelle est la règle européenne ?
Les 27 obéissent aux mêmes règles . La France représente 15% de la population européenne, elle dispose d’un quota de départ de 15% de chaque contrat.
Avec 6 vaccins et six contrats, la France devrait théoriquement acquérir 345 millions de doses échelonnés dans le temps . Plus que nécessaire face aux 70 millions d’habitants. Tous les français seront vaccinés mais alors que pendant des semaines les médias n’ont fait que parler de l’hésitation vaccinale à coups de sondages, voilà le gouvernement en difficulté parce que tous les français se disent prioritaires à la vaccination, et ils ont raison, mais nous ne serons pas tous vaccinés le premier mois, ni même le deuxième et l’urgence est à la vaccination des plus fragiles, pas seulement pour sauver leur vie, pour sauver aussi celle des autres ; en leur évitant de saturer les unités de réanimation , on permet au système de santé de tenir pour tout le monde. *

Claude Rambaud

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