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COVID-19, est -il parano de prendre des mesures drastiques de distanciation sociale ?

9 mars

Pourquoi parle-t-on souvent de paranoïa en France alors que l’OMS vient de féliciter l’Italie pour avoir pris des mesures drastiques ?

Nous abordons une séquence particulière de la pandémie due au SARS-CoV2, un virus qui provoque la COVID-19, une maladie suffisamment grave pour nécessiter une hospitalisation en réanimation dans 1% à 2% des cas si l’on se base sur les données chinoises.
Pour certains, le nombre de cas et de décès décompté journellement par les gouvernements et les médias ne sont pas inquiétants.

La comparaison avec la mortalité attribuée à la grippe saisonnière est souvent citée. La grippe serait responsable de 5000 à 15000 décès par an dans notre pays, selon les années, la plupart du temps chez des personnes âgées ou très âgées.
Le nombre de décès chez des personnes qui ont été diagnostiqués d’un COVID-19 est comparativement ridiculement faible (20 décès au 08/03/2020).
Une forme d’incompréhension en découle qui alimente notamment les critiques des gouvernements et autorités sanitaires « qui en feraient trop, alors qu’il ne s’agit que d’une grippe comme une autre ».

En réalité, le Coronavirus est plus contagieux que la grippe saisonnière et plus dangereux. Il a bien en commun avec la grippe de provoquer des maladies et le décès, majoritairement chez des personnes très âgées ou des patients présentant des maladies chroniques et dont l’immunité peut être diminuée.

Malheureusement, les modèles mathématiques appliqués actuellement au coronavirus établissent aujourd’hui que son impact serait environ 10 fois celui de la grippe saisonnière.

Les épidémiologistes de plusieurs pays ont en effet estimé que le pourcentage de la population qui contactera le coronavirus s’établira entre 20 et 40% de la population totale. Il est vrai qu’une très grande majorité de personnes contaminées ne présentera que peu, voire pas, de symptômes et qu’une autre partie souffrira quelques jours d’un syndrome grippal assez banal.

Cependant, compte tenu du grand nombre de personnes contaminées, on s’attend à de très nombreuses hospitalisations nécessitant parfois un séjour en réanimation.

Les mesures drastiques sont justifiées par une anticipation d’un nombre d’hospitalisation et de décès qui seraient en proportion, surtout si rien n’est fait pour faciliter les prises en charge des cas les plus graves avec le risque de voir les établissements de soins débordés par un afflux de patients et de ne pas pouvoir disposer des moyens qui seraient sollicitées sur une période trop courte (lits de réanimation, respirateurs).

Enfin, d’après des résultats de modèles épidémiologiques utilisés à l’étranger, en France la sévérité du COVID-19 expliquerait qu’entre 50.000 à 150.000 décès seraient dus au coronavirus dans les trois ou quatre mois qui viennent.
Ce sont ces données qui justifient les mesures drastiques de stade 3 dans les pays qui ont vu l’épidémie se déclarer avant la France (le décalage est d’environ 1 mois avec la Chine et 1 semaine avec l’Italie).

La préparation des établissements de soins est d’une importance cruciale : par exemple, décaler toutes les interventions chirurgicales programmées qui peuvent l’être.

Les mesures qui permettront d’étaler dans le temps la prise en charge des cas les plus graves sont également considérées comme indispensables (fermeture des écoles, collèges, lycées ; interdiction des réunions en grand nombre ; généralisation des gestes barrières ; distribution de masque chirurgicaux en cas de doute et pour les personnes symptomatiques et à risque ; etc…).

Et c’est pourquoi l’OMS vient de féliciter l’Italie pour avoir pris des mesures qui permettront de mieux gérer l’épidémie et ses conséquences, notamment en cherchant à préserver, dans le temps, les capacités de prises en charge des cas les plus graves.

JP Thierry, médecin de santé publique, conseiller médical du LIEN

et lire dans y
the gardian https://www.theguardian.com/

Austria’s chancellor has said other European countries will be forced to adopt containment measures as drastic as Italy’s, after Rome placed a quarter of the population in lockdown in an effort to halt the rapid spread of the coronavirus.

As the head of the World Health Organization praised Italy’s “genuine sacrifices”, Sebastian Kurz said the situation in Austria, which has reported 99 Covid-19 cases, was under control and the measures it had adopted were appropriate for the time being.

He said EU leaders and health ministers were in close contact over their countries’ handling of the epidemic, which according to the Johns Hopkins tracker has so far infected more than 107,000 people worldwide and claimed more 3,650 lives.

“It will be important to decide which steps to take when,” Kurz said. “You can close schools for one or two weeks and this is urgently necessary in Italy. It will happen in other European countries. The decisive question is when to do it.”

Q&A
How can I protect myself from the coronavirus outbreak ?
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The difficulty will be in balancing the need to head off a peak in infections that could paralyse public health systems against excessive economic damage, he said. “You have to consider carefully when to adopt these measures, because a national economy cannot handle this over too long a period.”

Speaking to French radio, the EU commissioner for the single market, Thierry Breton, said European countries were “each acting according to the latest available data in their countries. The virus has spread faster in some places than in others, so naturally the measures in each differ”.

https://www.theguardian.com/world/2…

Claude Rambaud

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